Apiculture : une récolte en progression mais des inquiétudes

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L’apiculture en France a connu une progression de 33% cette année. Cela fait longtemps que les apiculteurs n’ont pas été à pareille fête. Mais…

Une période de renouveau

16. 000 tonnes ! C’est la meilleure récolte que la France a connu depuis plusieurs années. Cela fait 20 ans que la situation de l’apiculture française est critique. Pas plus tard qu’en 2014, la production de miel avait chuté à environ 10.000 tonnes, alors que dans les périodes fastes du siècle dernier, elle avoisinait les 20.000. Les prévisions pour l’année 2015 misaient sur une récolte qui oscillerait entre 15.000 et 17.000 tonnes.

Certains apiculteurs font semblant de faire la fine bouche en qualifiant la production de relativement correcte, mais au fond d’eux même, ils ne peuvent que jubiler, à l’exemple de Thierry Dufresne, le président de l’OFA (Observatoire français d’apidologie) qui clame haut et fort qu’ « il s’agit d’une année exceptionnelle, la meilleure récolte de la décennie». Plusieurs variétés ont connu une bonne année : le miel de colza, le miel d’acacia, de romarin, de lavande et de châtaignier.

Les raisons de cette embellie

Selon Paul Fert, le chargé de communication de l’OFA, plusieurs raisons pourraient expliquer ce renouveau. Il pense tout d’abord que la campagne de sensibilisation de l’opinion publique pourrait avoir quelque chose à voir avec. Il ajoute d’autre part que les conditions climatiques ont été exceptionnellement bonnes : il y a eu peu d’orages et en conséquence, les plantes ont eu la possibilité de ne pas se voir lessivées, et donc de porter plus de nectar pour attirer les abeilles.

bonnes conditions climatiques

Une autre raison évoquée est la politique résolument volontariste du ministre de l’agriculture Stéphane le Foll qui est très concerné par le problème. L’enveloppe de 40 millions d’euros qu’il a mis à disposition pour le « plan abeilles », qui s’étale entre 2013 et 2016, n’est pas étrangère à cette embellie et a d’ores et déjà porté des fruits. Certes, c’est plutôt un projet à long terme qui préconise des recherches approfondies afin de solutionner un autre problème de l’apiculture : la surmortalité des abeilles.

Les causes de la surmortalité des abeilles

Les colonies d’abeilles ne dépérissent pas uniquement en France. C’est le même cas de figure pour d’autres pays européens et aux Etats Unis. Les abeilles subissent des pertes de l’ordre de 30 à 50 % pratiquement tous les ans. Les pesticides ont été montrés du doigt, mais il semblerait que certains produits vétérinaires soient à l’origine du mal, car les abeilles disparaissent même dans certaines régions où il n’existe aucune zone de culture.

Certaines pratiques licites comme l’usage des graines enrobées de thiaclopride en période de floraison sont tout aussi nocives, précise le portail Apiculture.net, car celui-ci s’attaque au système nerveux de l’abeille. Les parasites que sont le frelon asiatique et le varroa sont aussi des fléaux auxquels il faut trouver une solution.

Un jour de soleil ne fait pas l’été

A supposer que l’on trouve une solution à ces causes supposées ou réelles, le problème n’est pas pour autant résolu. En effet, les Français sont les plus gros consommateurs de miel au monde. A l’heure actuelle, l’importation de miel tourne autour des 30.000 tonnes, soit le double de la production d’une année favorable.

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